À 3 ans, William ne disait ni oui, ni non. À partir de 6 ans, les diagnostics tombent : dysphasie, dyslexie, dysorthographie, puis TDAH. Entre les deux — et longtemps après — il y a eu des années d’inquiétudes, de démarches, de rendez-vous et d’efforts constants. Huit ans d’orthophonie. Des milliers de kilomètres parcourus vers La Pocatière, Rimouski, Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé pour obtenir des services. « Tout son parcours scolaire, c’était difficile. Moi, je suis devenue une mini orthophoniste pas diplômée », raconte sa maman avec un sourire qui cache des années de persévérance. « C’est celui qui a dû construire ses mots avant de pouvoir construire ses rêves. »
Rapidement, elle comprend qu’il n’y aura pas de solution miracle. « On veut tout maintenant, mais avec des enfants comme ça, on ne peut pas. » Le parcours de son fils la transforme profondément. Elle apprend la patience. Elle apprend à respecter le rythme. Elle apprend surtout qu’il ne faut pas abandonner trop tôt. « Ne pas lâcher avant que ça ait du sens. »
Pour Stéphanie, tout commence par une conviction inébranlable : « Ces enfants-là, ils ont du potentiel. Si tu ne crois pas en eux, ça ne mènera pas loin. » Croire en son enfant devient son moteur. Mais croire ne suffit pas. « On peut persévérer… mais c’est vraiment la constance. » Être là chaque jour. Répéter. Encourager. Recommencer. S’outiller aussi. « Le meilleur moyen, c’est de croire au potentiel de son enfant, la constance, persévérer dans le temps, puis de leur donner les outils. »
Elle le dit sans détour : « Si toi, en tant que parent, tu ne fais pas un effort pour soutenir ton enfant, et bien, les résultats vont être moindres. » Être parent d’un enfant qui a des troubles d’apprentissage, c’est accepter que les progrès soient parfois lents, invisibles aux yeux des autres, mais énormes pour lui. « En tant que parents, on est encore le meilleur soutien en dehors de tout ça pour l’enfant. », en parlant des services reçus en orthophonie.
Aujourd’hui, quand elle regarde le chemin parcouru, l’émotion est bien réelle. La fierté est palpable. William, 17 ans, est inscrit à la technique en génie électrique au Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Gaspé. « Si je n’avais pas cru au potentiel de mon enfant, on ne serait pas là aujourd’hui. »
Dans le cadre des Journées de la persévérance scolaire 2026, son message aux parents est clair : tout est possible. Oui, le chemin peut être long. Oui, il demande des efforts. Mais la constance et la persévérance finissent par tracer des routes qu’on n’aurait jamais imaginées. Croire au potentiel de son enfant, rester présent, ne pas lâcher avant que ça ait du sens — c’est parfois ça, la clé. Car la persévérance, ça mène loin!